1ère – HISTOIRE (7), Le Second Empire (1851-1871) : nature du régime, bilan et limites. 

1ère – HISTOIRE (7), Le Second Empire (1851-1871) : nature du régime, bilan et limites. 

                                Louis Napoléon BONAPARTE, seul président de la IIème République (1848-1851) organise un coup d’État qui fait de lui un « prince-président » (1851-1852) avant de devenir empereur sous le nom de Napoléon III (1852-1870). Son régime, le Second Empire, accompagne la colonisation, l’industrialisation et d’importantes réformes urbanistiques : n’est-il pour autant qu’une restauration monarchique de plus ?  

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                Qu’est-ce que le Second Empire ? Création politique originale, fondée sur le recours fréquent au plébiscite, c’est un régime autoritaire mais protéiforme qui se mue rapidement en un régime « libéral » (1857) puis parlementaire (1869-1871). Installé à la suite d’un coup d’État, Louis-Napoléon BONAPARTE devient Napoléon III (Plébiscite de 1852). Le régime a pour clé de voûte l’empereur qui nomme le Sénat, les ministres, et garde l’initiative des lois et contrôle la population par l’intermédiaire des préfets de départements et leurs sous-préfets. Les Français élisent au suffrage universel masculin le Corps législatif (Assemblée des députés), les conseils généraux (Départements), les conseils d’arrondissements (Dans les grandes villes) et les conseils municipaux. La censure et la pratique des candidatures officielles et du vote public rendent l’exercice démocratique artificiel. Pourtant l’empire se libéralise rapidement : en 1860 les opposants sont amnistiés, en 1864 le droit de grève est rétabli, la presse se libéralise (1868). Adolphe THIERS (Les « Cinq libertés » de 1864) mène l’opposition libérale : en 1869 Emile OLLIVIER devient le chef républicain d’un gouvernement responsable devant le Corps législatif.

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                Quel est le bilan économique et social du Second Empire ? La période est marquée par l’accélération de l’industrialisation et la montée en puissance des banques. Le réseau ferré s’étend (Il est multiplié par 10, atteignant 22 000 km en 1870) depuis Paris et les liaisons vers Bordeaux et Marseille sont construites. Le commerce extérieur est dynamisé : importations et exportations triplent pour atteindre 3 milliards de Francs-or en 1870. La population rurale commence à migrer vers les villes et les emplois tertiaires atteignent 20% de la population active. Le Paris du baron HAUSSMANN avec ses immeubles en fer parés de pierres de taille en façade, ses avenues rectilignes et un système d’égouts rénové témoigne de ce dynamisme industriel et financier que les frères Émile et Isaac PEREIRE avec leur banque, le Crédit mobilier (1852), illustrent. MORNY, le demi-frère de Napoléon III est lui aussi un homme d’argent qui fait de belles affaires lors de la rénovation de Paris. Mais la condition des ouvriers est horrible ; soumis à un libéralisme économique sans pitié, ils subissent de plein fouet les retournements de conjoncture. Or, depuis 1865, le traité de libre-échange avec la Grande-Bretagne entraîne une crise économique grave : la production industrielle se contracte de 25% pendant dix ans !

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                Quel est le bilan politique et diplomatique du Second Empire ? Napoléon III est attaché aux idéaux libéraux et nationaux de la Révolution française (1789-1799). En conséquence il maintient le Code civil (1804) et l’égalité de droit des Français, promulgue une constitution (1852) qui revendique l’héritage de 1789. Mais la presse n’est ni populaire (Elle doit payer un timbre fiscal onéreux qui exclu les journaux socialistes ou ouvriers) ni libre (La censure peut saisir des tirages et ruiner les patrons de presse). L’attenta d’ORSINI (1858) montre que l’adhésion des mouvements socialistes ouvriers est nulle. En politique étrangère, Napoléon III oscille entre la défense des nationalités (Il soutient l’unification italienne, 1858) et la politique impériale d’annexion (Rattachement de Nice et de la Savoie italophones à la France, 1860) ou de puissance (Guerre de Crimée, 1854, expédition du Mexique, 1861-1867). C’est ce revirement qui le fait s’opposer à la Prusse de BISMARCK et de GUILLAUME Ier à partir de 1868, et l’engage dans la guerre franco-prussienne désastreuse au cours de laquelle il est capturé et voit son régime s’effondrer (1870).

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                Émile ZOLA, dans ses romans a dénoncé l’inhumanité d’un régime favorable aux banquiers et aux industriels et insensible à la misère des pauvres. Le Second Empire permet une réconciliation entre les classes bourgeoises rurales et urbaines, prélude à l’établissement d’un consensus national autour d’une République d’ordre, telle que la IIIe République.

© Souleymane ALI YÉRO, Erwan BERTHO & Ronan KOSSOU (2019)

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