1ère – HISTOIRE (4), La Restauration en France et en Europe (1815-1848).  

1ère – HISTOIRE (4), La Restauration en France et en Europe (1815-1848).  

                                La chute du Ier Empire et de Napoléon Ier (1815) entraîne une réaction conservatrice : les monarques absolus et la Grande-Bretagne installent sur le trône de France Louis XVIII, frère de Louis XVI : c’est la Restauration. En Europe, le Congrès de Vienne conforte l’ordre de la réaction conservatrice : l’Europe en est-elle vraiment revenue à l’Ancien Régime ? 

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                En France, les Bourbons remontent sur le trône, Louis XVIII (1814-1815 et 1815-1824) et Charles X (1824-1830), tous deux frères du roi défunt Louis XVI. La Restauration est d’abord symbolique : Louis XVIII, roi de France et non plus des Français, « octroie » une Charte constitutionnelle (1814) donnée par le roi et non votée par le peuple, la noblesse d’ancien régime est rétablie dans ses honneurs. Le couronnement à Reims de Charles X restaure le faste royal. La Restauration est également politique et économique : les partisans du régime impérial et de la Révolution en Province sont pourchassés, c’est la « Terreur blanche ». Les nobles dépossédés par la Révolution (1789-1799) et qui étaient partis en exil (Les « émigrés ») sont indemnisés (Le « milliards des émigrés »), le roi peut reprendre le contrôle de la vie politique par des ordonnances. Le suffrage censitaire exclu une large fraction de la population de la vie politique : 250 000 électeurs en 1830. La Chambre des Pairs nommée à vie par le roi contrôle une Chambre des députés qui peut être dissoute. La crispation absolutiste entraîne la révolution des « Trois glorieuses » journées de juillet 1830 et l’instauration de la Monarchie de Juillet de Louis-Philippe Ier (1830-1848), roi des Français, qui fait face à une crise économique grave (1846-1848) doublée d’une crise politique lorsque son régime tente de censurer la presse. La révolution de 1848 met fin à la monarchie en France. La Restauration n’est pas parvenue cependant à revenir sur les principaux acquis de la Révolution : égalité de droit des Français, cadre national et non plus patrimonial de la royauté, un parlement qui contrôle l’activité législative, le gouvernement et vote le budget.

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                Le Congrès de Vienne (1815-1815) souhaite retrouver l’équilibre des puissances en vigueur avant la période des guerres révolutionnaires (1792-1799) et napoléoniennes (1799-1815) : ce faisant il doit redessiner la carte de l’Europe pour satisfaire l’appétit des puissances principales, Russie, Autriche, Prusse et Grande-Bretagne. Partout les dynasties historiques remontent sur le trône, comme dans le Royaume des Deux-Siciles (Naples) avec le retour des Bourbons-Sicile, ou en Espagne… Les aspirations nationales des peuples sont délaissées : l’Italie reste morcelée en une dizaine d’États donnés à telle ou telle famille, l’Allemagne reste un conglomérat d’États dominé par l’Autriche, la Pologne est partagée entre l’Autriche, la Prusse et la Russie. On revient à une conception patrimoniale et non nationale de l’État : les souverains se partagent territoires et peuples comme des biens privés. En Espagne, le retour à l’absolutisme (1820) entraîne une guerre civile ; la France au nom de la solidarité dynastique engage son armée pour soutenir Ferdinand VII d’Espagne, sur les conseils du Ministre des Affaires Étrangères de Louis XVIII, un certain Chateaubriand ! Pendant (1815-1848) 30 ans l’absolutisme et la conception patrimoniale du pouvoir s’imposent.

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                Pourtant, les aspirations libérales et nationales ne peuvent être étouffées. Les peuples ont été sollicités pour constituer les armées qui ont vaincues Napoléon Ier. Le sentiment national est donc très fort puisqu’il a été nourri par la haine des armées françaises d’occupation : en Pologne, en Italie, en Espagne, les aspirations nationales et libérales sont écrasées en 1830-1831, puis encore en 1848. Mais en Grèce, le soulèvement des Grecs contre les Ottomans (1821-1830) reçoit un soutien populaire grâce à la mobilisation d’intellectuels progressistes (HUGO, DELACROIX, Lord BYRON) et l’envoi de forces armées européennes (Bataille de Navarin, 1827). C’est la 1ère victoire d’un mouvement national. En Amérique du Sud, les colonies espagnoles prennent leur indépendance au nom des idéaux libéraux et patriotiques : BOLIVAR et SAN MARTIN veulent que les « peuples », colons et métis, participent au devenir des territoires (1820). Les libérateurs sont porteurs d’un projet politique national mais aussi libéral.

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                La Restauration est un succès politique mais les aspirations nationales et libérales agitent l’Europe tout au long du XIXe siècle, et ce jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale (1917-1918). C’est dans les colonies américaines que ces aspirations sont satisfaites.

© Souleymane ALI YÉRO, Erwan BERTHO & Ronan KOSSOU (2019)

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