DEVOIRS & CORRECTIONS – Composition de Géographie, “Gérer les ressources en eaux- étude de cas : les eaux du Yangzi”

Devoirs & Corrections

Correction de composition de Géographie

Question 3 : Gérer les ressources en eaux

Étude de cas : Gérer durablement les eaux du Yangzi.

             Le fleuve du Yangzi ou Yangzi Jiang, est le plus long fleuve d’Asie (6 380km). Situé en Chine, au nord de Shanghai, la plus  grande métropole chinoise, il est aussi l’un des plus prisés par la population Shanghaienne (24 millions) pour de nombreuses raisons. Mais, en 2006, de nombreux experts chinois ont publié des rapports alarmants sur l’état de la pollution du fleuve. Les politiques chinois ne sont pas restées aveugles. Dans quelles mesures peut-on affirmer que la Chine met en œuvre une politique de gestion durable des eaux du Yangzi ? Pour répondre à cette question, nous verrons pourquoi les eaux du Yangzi sont indispensables au développement de la Chine  (I) et comment la population chinoise tend vers une utilisation durable du fleuve (II).

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            Les eaux du Yangzi sont, clairement indispensables pour le développement de la Chine. Comment justifier une telle affirmation ? Tout d’abord celles-ci sont vouées à des usages nombreux et stratégiques. Elles sont utilisées pour l’irrigation des cultures, ou dans le domaine industriel et domestique : elles sont le fondement du décollage industriel de la Chine. Elles permettent aussi une production d’énergie importante avec l’un des plus grands barrages du monde, le barrage des Trois-Gorges. Mais les usages du fleuve sont excessifs et dépassent ses capacités selon l’Atlas de la Chine. En effet, l’utilisation des ressources hydriques augmente de plus en plus et celle-ci est destinée à l’industrialisation, l’urbanisation et l’irrigation. Au final, il y a des risques que les ressources hydriques manquent « notamment pour de grandes villes comme Pékin ou Tianjin ». Les ressources hydriques représentent le problème le plus important de la Chine. L’eau est inégalement répartie et est très capricieuse. Selon le document 1 intitulé « l’eau et les hommes en Chine », qui est une carte de la Chine, on remarque que le quart Nord-est de la Chine a des ressources en eau potable inférieure à 1700 m 3 par an par habitant. Le nord est constitué de déserts continentaux tels que le Gobi ou le Takla-Makan, de régions victimes de déforestations et menacées de sécheresses et d’inondations. On voit aussi dans le graphique « Le Yangzi : un débit abondant » de Yves GUERMOND provenant de La Chine, que le Yangzi a un débit abondant (son débit moyen était de 30 000 m3 / seconde en juillet) mais avec des oscillations importantes (entre janvier et juillet son débit était entre moins de 2000 m3 / seconde à plus de 50 000 m 3 / seconde).

Ensuite, les eaux du Yangzi sont parsemées de nombreux aménagements hydrauliques sur tout sont long. On l’apprend dans le document 2, qui nous dit que le gouvernement chinois a construit de nombreux barrages durant la seconde moitié du XXème siècle tels que les barrages de  Sanmenxia (1957) et de Xiaolangdi (1999-2001), sur le Yangzi. Il y a aussi des travaux de dérivation des eaux vers Pékin, visibles sur le document 1, afin d’approvisionner la capitale, Pékin, qui fait partie de ces grandes villes manquant d’eau potable. Mais parmi ces aménagements sur le Yangzi, nous en retiendront un, un aménagement hydraulique spectaculaire aux usages multiples : le Barrage des Trois-Gorges. Plus grande centrale hydroélectrique au monde, Le Barrage des Trois-Gorges est une vraie pierre précieuse. D’après Thierry SANJUAN dans « les défis chinois » tiré de Documentation photographique, Il mesure plus de 180 mètres de hauteur, est long de plus de 2300 mètres et a un lac de retenu de 700km de long et de 40km 3 de capacité. Il permet de réguler le cours du fleuve,  produit environ 18 200 MW (Méga Watt) et il améliore la navigabilité du fleuve avec deux séries de cinq écluses et un ascenseur à bateau. Mais comme nous l’avons déjà vu, l’utilisation du Yangzi n’est pas sans conséquence.

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Effectivement de nombreux impacts, écologiques surtout, ont  été remarqués. Quelles stratégies mettre en œuvre pour garantir une gestion durable des eaux du fleuve Yangzi ? Premièrement, les eaux du Yangzi et de sa vallée sont une ressource très dégradée. D’abord par la pollution d’origine industrielle. Dans la région de Wuhan, en 2007, 150 tonnes de poissons ont été détruites par rejets chimiques toxiques, on voit ce carnage dans le document 6 intitulé « la pollution des eaux du Yangzi » (Photographie). Ensuite par la pollution d’origine domestique. La concentration humaine exceptionnelle dans les métropoles géantes comme Chongqing entraîne des rejets importants dans les eaux du Yangzi ou alors la commune de Wangjia, qui comporte plus de 15 000 habitants qui rejettent, en 2009, dans le Yangzi, près de 800 tonnes d’eaux usées selon Brice PEDROLETTI dans son article « Le Barrage des « Trois-Gorges » plus décrié que jamais ». La pollution  a des impacts négatifs. On note parmi ceux-ci, les conséquences environnementales. D’après l’extrait de l’article intitulé « Visages médiatiques du barrage des Trois-Gorges », la construction du Barrage a ennoyé à peu près  632 km3 de terres, entrainé l’érosion des sols, du delta, l’accumulation sédimentaire en amont, et la montée des eaux en aval. Mais aussi des conséquences humaines, le même barrage a provoqué le déplacement de 1,5 millions d’habitants, car les retenues ont englouti leur village, et les eaux polluées, elles, ont provoqué le développement de maladies liées à l’eau comme la bilharziose, toujours d’après les mêmes sources. Alors face à ces externalités plus ou moins négatives, des décisions ont été prises.

Plusieurs stratégies, à différents niveaux, ont été mises en œuvre pour assurer une gestion durable des eaux du fleuve du Yangzi. En premier lieu, les communautés locales ont fait face à l’urgence. On peut le voir, à travers la photographie intitulée « La pollution des eaux du Yangzi ».  Un pêcheur est en train de ramasser les poissons morts avec une épuisette sur le Yangzi. Ou encore dans l’article de Brice PEDROLLETI « Le Barrage des « Trois-Gorges » plus décrié que jamais » on peut prendre l’exemple des habitants de Wangjia, qui ont demandé à la compagnie Wu DENGMING l’installation d’une station d’épuration biologique afin de filtrer l’eau rejetée, de ses polluants et de récupérer une eau potable, et ce grâce à une technique de lagunage naturel. Cette technique est bien plus bénéfique car en plus d’être écologique, elle est économique : elle coûte moins de 0,3 centimes contre 27 pour une station d’épuration classique. Il y a les stratégies mises en œuvre par le gouvernement chinois. Celui-ci a décidé d’équiper la côte nord-est de stations de traitement des eaux. Ce qui fait que dans la province  du Jiangsu, en aval du Yangzi, entre Nankin et Shanghai et sur la côte de la mer de Chine Orientale, les stations d’épuration sont toujours plus nombreuses et leur accroissement entre 2000 et 2010 ne s’arrête pas : il y en aura 4 fois plus à Nankin et 3 fois plus à Shanghai, selon la carte intitulée « le traitement des eaux dans la province du Jiangsu », selon Brice PEDROLETTI dans son article « Le Barrage des « Trois-Gorges » plus décrié que jamais ». Certes de nombreuses dispositions sont prises mais on assiste à un bilan très contrasté du développement durable en Chine. On assiste à de gros efforts, 25% du parc automobile sera électrique ou hybride en 2025, 75% de la production électrique mondiale solaire est chinoise et les 10 plus grandes firmes de production de panneaux solaires sont chinoises, mais aussi on remarque que des eaux sont polluées (Yangzi), des lacs sont détruits (Poyang réduit à 20% de sa surface initiale) et des atmosphères urbaines sont irrespirables (Shanghai, Chongqing, Pékin).

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Les eaux du Yangzi sont nécessaires au développement de la Chine : production d’énergie, irrigation des terres, eaux à usages  domestiques et industriels dans les métropoles du littoral et de la vallée. Mais ces usages excessifs ont entraîné une profonde et durable dégradation des eaux du Yangzi et les stratégies mises en œuvre semblent encore peu efficaces pour assurer une gestion durable des eaux du fleuve.

© John-Michaël ALBERTO (2018)

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