BIOGRAPHIES – Terminales & Premières générales, “Les dirigeants du Tiers-Monde et des pays du Sud.”

BIOGRAPHIES DES DIRIGEANTS DU TIERS – MONDE

1945 – 2008

Par ordre alphabétique

 CASTRO Fidel

Dirigeant de Cuba (1959 – 2002)

« Commandant historique de la Révolution »

Après dix ans de guérilla en Amérique latine (1948-1959) il mène une difficile guerre insurrectionnelle contre le dictateur cubain Batista et prend le pouvoir grâce à l’aide d’Ernesto « Che » Guevara. Non-aligné (1959-1962) il nationalise les terres, met en place un programme sanitaire et scolaire aux effets remarquables (IDH 2002 0,919), et exige le départ des grandes compagnies étrangères. La brouille avec les Etats-Unis l’amène à se rapprocher de l’URSS qui lui apporte armes, hommes (250,000 hommes entre 1962 et 1965, bases de sous-marins nucléaires soviétiques ensuite) et du pétrole (1968). Officiellement aligné sur l’URSS (1972) Castro envoie des hommes en Angola (25,000 dès 1975), en Ethiopie (15,000 en 1977) et en Syrie face à Israël (Une brigade blindée en 1973-1975) pour soutenir les régimes prosoviétiques. Le régime castriste est une dictature violente : les peines de morts sont régulièrement prononcées et exécutées pour des délits politiques, les prisonniers politiques se comptent en milliers. La situation économique est mauvaise : pénuries alimentaires et de biens d’équipement, tickets de rationnement depuis 1959, presse contrôlée, téléphones portables et Internet restreints à certaines catégories de la population. A partir des années 1985 devant l’assouplissement russe Castro se tourne vers la Chine. A partir des années quatre vingt dix l’embargo américain s’assouplit (Commerce France, Canada, Allemagne, Etats-Unis et Espagne). Depuis 2002 c’est Raoùl Castro (le frère) qui dirige l’Etat sans qu’une libéralisation du régime ne s’amorce.

 GANDHI (Indira) (1965-1984)

Présidente du Parti du Congrès (1959-1984) et Premier Ministre de l’Union Indienne (1966-1978 et 1980-1984)

Fille de Jawaharlal Nehru, Premier Ministre de l’Union Indienne (1947-1964) Aucun lien de parenté avec le Mahatma Gandhi.

Très proche de son père qui l’initie aux affaires politique elle accède rapidement au pouvoir (1966) deux ans après la mort de son père. Elle dirige son parti et le pays de manière violente (« Etat d’urgence » en 1975-1978) et autoritaire mais est constamment réélue. Elle mène une politique d’indépendance économique (« Révolution verte » en 1968, 1ère bombe atomique en 1974, industrialisation lourde et légère, recherche scientifique qui permet le lancement du 1er satellite indien en 1981), politique antinataliste de l’enfant unique (stérilisation forcée des populations traditionnelles des forêts), politique d’indépendance nationale (rapprochement avec l’URSS et guerres contre le Pakistan 1971). Elle est assassinée par trois de ses gardes du corps sikhs (pendus en 1989). Elle a protégée l’économie de son pays de la mondialisation, lui assurant une industrialisation en profondeur, posant les bases du « miracle économique indien ». Mais sa mort rappelle que la plus grande démocratie du monde est aussi un des pays les plus violents (affrontement Hindous/Sikhs et Hindous/Musulmans, pauvres et parias contre nantis) et les plus inégalitaires.

 KHOMEINY Ruhollâh (1979 – 1989)

Ayatollah iranien, Guide de la Révolution islamique d’Iran.

Confisque la révolution populaire de 1979 et la transforme en révolution islamique. Met en place un régime théocratique excluant les femmes de la vie publique. Promeut une politique internationale d’expansion du chiisme et de l’islamisme et encourage les attentats contre les intérêts occidentaux, américains et israéliens. Doit mobiliser les ressources de son pays pour lutter contre la « Guerre Iran Irak » (1979 – 1980) qui laisse 400,000 morts iraniens dont 15% de combattants de moins de 14 ans. A partir de 1986 les relations avec les pays voisins et les Etats occidentaux sont en voie de normalisation. Le régime s’est cependant orienté vers un totalitarisme théocratique (Culte de la personnalité, exécutions arbitraires, purges politiques, corruption). L’Ayatollah Khomeiny écarte ses lieutenants réformistes (Montazeri, Rafsandjani) et met au pouvoir des dirigeants plus radicaux. A sa mort le pays est mis en coupe réglée par un complexe théocratico-milicien composé de docteurs de la loi chiite et des pasdarans (qui contrôlent à leur profit l’économie du pays). Le régime devient très impopulaire à partir des années 2000 quand les populations urbaines demandent la libéralisation des institutions.

 « LULA » DA SILVALuis Inacio dit,

Président des Etats-Unis du Brésil (2003 – 2011)

Syndicaliste de la métallurgie, président du Parti des Travailleurs (gauche), élu en 2003 président des Etats-Unis du Brésil. Il mène une politique sociale (programme « Faim zéro », bateaux le long du fleuve Amazonie pour apporter les services de l’Etat aux populations démunies, renforcement des capacités éducatives, politique de règlement de la question des « paysans sans terre ») mais accélère la modernisation de l’agriculture brésilienne (Semences transgéniques, lutte à l’OMC pour la condamnation des subventions européennes et américaines à leurs agriculteurs, exportations aux Etats-Unis…). Sur le plan diplomatique ses deux mandats sont caractérisés par un retour du Brésil sur la scène internationale : forces de police en Haïti, dialogue avec l’Iran, alliance avec le Venezuela de Chavez néo-bolivarien, Forum des Etats industrialisés du Sud (Iran, Inde, Chine, Brésil), Sommets IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud). L’attention du Brésil pour l’Afrique (Et d’abord l’Afrique australe lusophone comme l’Angola et le Mozambique) est une des marques des présidences de Lula. Il quitte le pouvoir avec une cote de popularité record. Son bilan sera sans doute d’avoir réussi la difficile synthèse entre redistribution des richesses et poursuite de l’industrialisation (Aviation avec AMBAER par exemple…) du pays dans un cadre renforcé de mondialisation des économies.

 LUMUMBA Patrice (1960)

Premier Ministre du Congo belge, Premier Ministre de la République du Congo (1960).

Militant de l’indépendance du Congo belge (dit Congo-Léopoldville) et premier « Premier Ministre » africain du Congo. Porteur d’un message et d’un programme panafricanistes et tiers-mondistes il souhaite industrialiser son pays et refuse l’alignement du Congo. L’idée de voir le Congo-Léopoldville et ses richesses fabuleuses échapper au contrôle des Occidentaux dans un contexte tendu de « Guerre Froide » (1959 Cuba devient communiste, 1960 indépendance des colonies francophones d’Afrique, 1961 construction du « Mur de Berlin ») étant impensable les Belges suscitent un coup d’Etat local qui entraîne la chute de Lumumba. Celui-ci est torturé puis exécuté. Il laisse dans la mémoire politique tiers-mondiste l’image d’un homme humble et intègre. Son successeur Mobutu est un dictateur caricatural qui va ruiner consciencieusement le pays pendant quarante ans avant d’être renversé par Laurent Désirée Kabila.

 MANDELA Nelson (1994-1999)

Président de l’Union Sud-Africaine. (1994 – 1999)

Militant de l’African National Congress (ANC) arrêté en 1962 pour ses activités illégales de militants communistes et anti Apartheid il séjourne 28 ans en prison faisant de lui à l’époque le plus vieux prisonnier politique du monde. En 1989 après cinq années d’un embargo international très dur (qui coûte à l’Union Sud-Africaine près de 30 milliards de dollars et 15% de son PIB annuel) le président De Klerk libère les dirigeants politiques du PC et de l’ANC. En 1990 Mandela est libéré. En 1991 l’ANC renonce à la lutte armée et Mandela appelle à la fin des violences dans les ghettos. Dès 1992 des non-blancs entrent au gouvernement (Mesures de libéralisation du régime approuvées par un référendum réservé aux blancs à 68%). Les premières élections (1993) se déroulent dans un climat d’extrême violence (terrorisme zoulou anti-ANC et de suprématistes blancs boers) et de fraudes. L’ANC devient le premier parti au Parlement (68% des voix). En 1994 Mandela devient président. Son mandat qui se déroule sur fonds d’attentats et d’insécurité vise à assurer l’unité du pays et à sa réintégration dans les relations et les institutions diplomatiques mondiales. Icône mondiale de la paix, il est aujourd’hui la seule référence politique commune aux Noirs et aux Blancs. Il quitte le pouvoir en 1999 et Thabo Mbeki (ANC) lui succède démocratiquement.

 MAO Zedong (1949 – 1976)

Président du Parti Communiste Chinois (PCC) et de la République Populaire de Chine (RPC).

Résistant à l’occupation japonaise puis adversaire du gouvernement nationaliste du Guomindang (1945 – 1949) il dirige la Chine de 1949 (Proclamation de la République Populaire de Chine, épuration de 1% de la population qui est exécuté) jusqu’à sa mort (1976). Sous son autorité la Chine devient un Etat totalitaire (Culte de la personnalité, concentration des pouvoirs entre les mains de quelques dirigeants du PCC, corruption des élites, purges répétées et massives). Il mène la politique d’industrialisation accélérée de la Chine, promeut la politique nataliste (« Un enfant c’est une tête et deux bras »), se sépare de l’URSS (1956 – 1968 rupture définitive), et soutien les mouvements de guérilla et les régimes marxistes en Asie (Guerre de Corée, guerre du Vietnam, Khmers rouges au Cambodge 1975 – 1979), annexe le Tibet qui devient une province chinoise soumise à une politique de sinisation meurtrière (1953), la Chine se dote de la bombe A puis H (1965). Ses politiques économiques sont aussi prétextes à des purges sanglantes : les « Cent Fleurs » (1956, réforme du parti), le « mouvement antidroitier » (1957, exécution de 550,000 intellectuels) le « Grand bond en avant » (1958 – 1961, qui vise à une industrialisation des campagnes vire à la catastrophe alimentaire qui fait près de 100 millions de victimes), la « Révolution culturelle » (1966 – 1968, mise sous tutelle militaire des cadres du parti, provoque une purge violente des intellectuels et des ingénieurs). A sa mort derrière les louanges officielles les dissidents prennent le pouvoir (dont Zhou Enlai et Deng Xiaoping qui est favorable à l’ouverture économique à l’Occident). Les membres de la « Bande des quatre » (les proches de Mao dont son épouse) sont jugés et emprisonnés. Ils ne seront libérés que dans les années quatre vingt dix. Le bilan humain oscille entre 80 (Sources officielles) et 160 millions de morts (Sources dissidentes).

 NASSER Gamal Abdel (1954-1970)

Premier Ministre (1953-1954) puis Président de la République Arabe Unie (1954-1970)

Père idéologique du panarabisme il dirige l’Egypte, en fait un des leaders du mouvement tiers-mondiste des « Non – Alignés (Conférence afro-asiatique de Bandung, 1955, Indonésie) et Conférence des Etats Non – Alignés de Belgrade (1961). Il mène une politique d’indépendance économique (nationalisation du canal de Suez en 1956, barrage d’Assouan ouvert en 1964), de laïcisation de la société (égalité hommes/femmes proclamée en 1960). Mais ses guerres contre Israël (1956 et 1967) qui anéantissent l’armée égyptienne ruinent son crédit intérieur. Son message panarabe connaît peu d’échos au sein du monde arabe (Sécession de la Syrie et du Yémen en 1961).

 NEHRU Jawaharlal (1946 – 1964)

Premier Ministre du Gouvernement provisoire (1946) et Père de l’indépendance de l’Inde (1947)

Premier Ministre de l’Union Indienne (1947 – 1964)

Président et fondateur du Parti du Congrès.

Il favorise une orientation socialiste et neutraliste du régime indien. Sur le plan international il participe activement à la Conférence de Bandung (1955, Indonésie) et à la naissance du Mouvement des Non – Alignés (1961, Belgrade). Il doit mener la guerre contre le Pakistan (1947 et 1965-1966) au Cachemire et contre la République Populaire de Chine (1962). A sa mort l’Inde est la messagère du mouvement tiers-mondiste dont il a assuré la naissance et l’affirmation.

 TITO Josip BROZ dit, (1945 – 1980)

Secrétaire général du Parti Communiste de Yougoslavie (PCY).

Président de la République Populaire de Yougoslavie (1945 – 1980).

Militant antifasciste (volontaires en Espagne en 1936 – 1938), résistant antinazi (1940 – 1945) il dirige la libération du territoire de Yougoslavie (1945) et devient le président de la jeune République Populaire de Yougoslavie qu’il vient de créer. Il rompt avec Staline et oriente la Yougoslavie sur une voix médiane de non-alignement (Conférence de Bandung, 1955 et Conférence de Belgrade, 1961). La déstalinisation (1956) lui permet de se réconcilier avec l’URSS mais il condamne l’intervention de Budapest (1956) et de Prague (1968). Le régime dictatorial moins dur qu’ailleurs dans les pays communistes est quand même un régime de répression et d’épuration. En 1972 le maréchal Tito est président à vie. Il lutte avec vigueur contre les mouvements nationalistes aussi bien croates que serbes (1972-1975) et fait bénéficier à son pays de la relative ouverture sur l’Ouest (La Yougoslavie est une destination touristique prisée des années soixante-dix et quatre-vingt). A sa mort la Yougoslavie laisse les dissensions nationalistes enfler ce qui aboutit en 1991 à la guerre et à la disparition du pays (1992).

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 Biographies des leaders politiques du Sud

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