ANTHOLOGIE DES GRANDS TEXTES POLITIQUES – LAMY, “Nous souffrons d’un déficit de gouvernance mondiale”, (2013)

ANTHOLOGIE DES GRANDS TEXTES POLITIQUES

 « Extraits de l’intervention de Pascal LAMY, ancien président de l’OMC, prononcé le 28 octobre 2013 »

« […] La mondialisation est indéniablement la grande transformation dans le monde actuel. […] Nous n’avons jamais, au cours des dernières décennies, assisté à des changements si radicaux et, peut-être plus importants, si rapides. Il en résulte un niveau d’interconnexion et d’interdépendance dont nombre d’implications nous sont encore inconnues. […] Les faits et les chiffres indiquent que la mondialisation s’est traduite à la fois par un recul immense de la pauvreté et un creusement marqué des inégalités. La volatilité est plus forte, la contagion plus fréquente et la nature est endommagée.

Or, ces questions ne sont plus locales mais mondiales, comme l’a montrée la crise financière puis économique et sociale apparue ici, aux États-Unis, en 2007 avant de se propager à des nombreuses régions du monde. La réduction des émissions de carbone et la lutte contre l’épuisement des ressources halieutiques, la volatilité des monnaies, le protectionnisme, la cybercriminalité, l’évasion fiscale ou les migrations contraintes ne sont pas d’abord des affaires locales. Elles ne peuvent pas êtres conduites dans le seul cadre national ; une forme de gouvernance mondiale s’impose.

Disposons-nous d’un système de gouvernance mondiale adéquat pour résoudre ces problèmes ? À mon sens non. Un coup d’œil aux récentes publications sur le sujet, dont Gridlock de David Held, Divides Nations de Ian Goldin, A Great Convergence de Kishore Mahbubani ou Le grand basculement de Jean-Michel Severino, conduit à une conclusion préoccupante : nous souffrons d’un déficit de gouvernance globale. Ce n’est pas faute d’avoir un système international. Nous en avons bien un mais son édification, très difficile, a sérieusement ralenti depuis une dizaine années. […] Le système actuel reste plus international que mondial, ce qui implique qu’il appartient toujours aux États de décider ou non de prendre des engagements contraignants. C’est un phénomène surprenant à l’heure où certaines organisations, entreprises internationales ou ONG mondiales, sont plus puissantes et influentes que nombre des deux cents États-nations du monde. Elles ont surfé sur la vague de la mondialisation pour devenir des acteurs mondiaux et se faire reconnaître comme tels. […] »

SOURCES :

http://www.institutdelors.eu/media/mondialisationgouvernancelamyne-ijdjan14.pdf?pdf=ok

Cité par Sujets du Baccalauréat général série S Washington 2016 matricule repère du sujet 16HGSCAN1 page 3/3

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