2de – HISTOIRE – (1) La place des Européens dans le peuplement de la Terre.

2de – HISTOIRE – (1) La place des Européens dans le peuplement de la Terre.

La population européenne a longtemps représenté une part significative du peuplement de la Terre. L’Europe est alors non seulement un foyer majeur de peuplement mais elle orchestre et irrigue de puissants flux migratoires. Comment comprendre cet exceptionnel dynamisme qui a conduit, notamment, la population européenne à peupler presque entièrement des continents et des régions du monde très éloignées d’elle ?

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                Jusqu’au XVIIIe siècle, la population européenne, comme le reste de la population mondiale, progresse à un rythme très lent. Il y a 250 millions d’humains dans l’Antiquité, 500 millions au XVIe siècle lorsque commencent les grands voyages d’exploration. Il a fallu un millénaire pour voir la population mondiale doubler, il faudra juste quatre siècles pour la voir quadrupler : en 1920 il y a près de deux milliards d’êtres humains. Si la place des Européens dans le monde n’a cessé de décroître sur le temps long (20% des humains en 1900, 9% aujourd’hui, 6% en 2050), l’Europe reste un des principaux foyers de peuplement du monde. De larges vallées fluviales, des sols fertiles, des saisons marquées, un étagement en altitude qui permet une agriculture diversifiée expliquent ces fortes densités. En revanche l’histoire démographique de l’Europe est faite elle-aussi de périodes de forte croissance (La 1ère Renaissance médiévale des XIe  et XIIIe siècles, les XVIIIe et XIXe siècles) et de replis brutaux. La peste (1347-1352) entraîne la mort de 50% des Européens et 75% des habitants des grandes agglomérations (Venise). L’Angleterre, qui comptait 7 millions d’habitants en 1300, n’en compte plus que 2 millions en 1400. Les sociétés d’Ancien Régime sont très fragiles devant les aléas du climat et des récoltes : le mini-âge glaciaire qui commence à la fin du XVIIe siècle entraîne une surmortalité. Les épidémies (Choléra) se répandent à la moindre perturbation : les années 1816 et 1817 marquées par les conséquences des éruptions volcaniques à Java voient se succèdent des hivers et des été froids et pluvieux qui anéantissent les récoltes jusqu’en France. Les guerres sont, entre 1700 et 1914, quasi-ininterrompues. Au XIXe siècle la transition démographique (Chute de la mortalité suivie plus ou moins rapidement d’une chute de la natalité) entraîne une très forte croissance démographique : la population européenne double en un siècle. Cette explosion démographique va accélérer considérablement l’émigration des Européens.

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                Avec l’élargissement du monde (fin du XVe siècle et XVIe siècle), les Européens commencent un lent mouvement de migrations intercontinentales. Les contacts des Européens avec les populations natives des Caraïbes et de Méso-Amérique sont dramatiques : les épidémies et le surtravail (Plantations, mines) détruisent les populations à près de 80% sur le continent, 100% dans les Caraïbes. Les esclaves africains achetés à des souverains locaux sur les côtes du Golfe de Guinée (Traite atlantique) nourrissent un flux constant de déportés (Migration forcée). Toutefois à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle ce sont les Européens eux-mêmes qui migrent : en 100 ans (1820-1920) 12% de la population européenne (Soit 55 millions de personnes) quittent le continent, pour s’installer essentiellement (33 millions) aux États-Unis. Les raisons de cette grande vague séculaire de migration tiennent essentiellement aux conditions sociopolitiques très dégradées en Europe : guerre, régimes politiques très répressifs (Russie), persécutions (Pogroms antijuifs), épidémies (Choléra), extrême pauvreté. Le vas des Irlandais et dans une moindre mesure des Écossais, celui des Italiens, sont très connus. Les Irlandais victimes d’une famine dramatique (1845-1849, 1 million de morts, 2 millions d’émigrés) sont chassés de leurs terres par les grands propriétaires terriens qui veulent généraliser l’élevage extensif. La mécanisation du travail agricole qui va croissante entraîne un chômage rural fort. Par ailleurs, avec l’émergence de la marine à vapeur, le prix du trajet vers Les États-Unis et le Canada s’effondre. Ces immigrés sont très mal considérés en Amérique du Nord : ont les dits querelleurs, alcooliques, délinquants, et peu assimilables (Les Irlandais, catholiques, sont méprisés par les White Anglo-Saxon Protestants, WASP). Quotas et camps de transit se multiplient. En conséquence, les retours sont nombreux : 50% des Italiens reviennent au pays dans les 10 ans.

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                Les Européens migrent régulièrement vers d’autres continents à partir du XVIIe siècle : au XIXe siècle et jusqu’au milieu du XXe siècle ils migrent en masse, fuyant la misère pour les paysans, les persécutions religieuses, les guerres qui ravagent le continent, et aussi cherchant de nouvelles opportunités d’accroître leur confort. En ce sens ils ressemblent beaucoup aux migrants économiques contemporains.

© Erwan BERTHO (2017)

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