HDA – HDA 2015-2016 – Education musicale, “Symphonie n°7, de CHOSTAKOVITCH, 1942

SYMPHONIE N°7 « LENINGRAD » (musique symphonique, composé en 1942)

Art, Etat et pouvoir (Résistance)

L’AUTEUR

DIMITRI CHOSTAKOVITCH (Compositeur Russe, 1906 – 1975)
Après la révolution en Russie (qui devient Union Soviétique) les structures musicales sont réorganisées. En 1932 apparait l’Union des Compositeurs, avec une mission de contrôler toutes les activités musicales: rétribuer les compositeurs, publier leurs œuvres, organiser les concerts. L’idéologie, privilégiant la musique classique, populaire et folklorique, institua une véritable censure, dont les compositeurs les premières victimes. D. Chostakovitch avait une image du compositeur officiel du régime, mais dans ses mémoires posthumes (publiés par S.Volkov) il dénonce ce Régime.

 

L’ŒUVRE
Symphonie c’est une composition pour orchestre symphonique en quatre mouvements, apparu a l’époque classique (1750 – début de XIX s.) avec l’apparition de l’orchestre symphonique (mouvements : morceaux de musique avec le tempo–vitesse différent). Symphonie N°7 est une musique savante instrumentale dans le style néoclassique (néoclassicisme c’est un style qui est apparue au XX siècle, il poursuit les formes classique de composition, ). La composition de Symphonie N°7 «Leningrad» a commencé en 1941 alors que les troupes nazies se trouvaient dans la banlieue de Leningrad et l’évacuation de la population commençait. D. Chostakovitch refusa de partir pour Tachkent (cap. de l’Ouzbékistan, république de l’URSS) avec le conservatoire que l’on évacuait. Puis, lorsque les bombardements commencèrent, il n’était plus possible de partir. Dans la ville détruite, affamée et effrayée en dix-sept semaines de siège près d’un million d’habitants avaient péri. Mais la vie culturelle se poursuivait dans la mesure du possible, constituant un support moral pour la population. D. Chostakovitch travailla dans un théâtre qui donnait des représentations pour les militaires et dans les hôpitaux. Il était venu de s’engager dans l’armée et ne pas admis (santé fragile), et il était affecté à la défense de sa ville natal, Leningrad*, en qualité de pompier. Sur l’ordre des autorités il quitte la vile avec toute sa famille. Apres un voyage, qui dura une semaine, il arrive a Kouïbychev (ville russe, Samara depuis 1990), afin d’y achever sa symphonie. Elle eut sa première le 5 mars 1942 à Kouïbychev, le 29 mars elle fut jouée et transmise depuis Moscou pendant un raid aérien allemand, le19 juillet à New York (ce concert étant retransmis par toutes les 1934 stations américaines de radio) et 19 aout 1942 la symphonie retentit à Leningrad même, en plein combat. Deux sources d’inspiration avec deux tragédies successives se confondues dans l’esprit du compositeur dans cet œuvre. Il écrivit : «La 7eme Symphonie est une composition à programme…Le premier mouvement comment cette force terrible qu’est la guerre est entrée dans notre merveilleuse vie pacifique … j’envisageais la 7e Symphonie encore avant la guerre et de ce fait elle ne peut pas être considérée tout simplement comme une réaction directe à l’attaque de Hitler… Ce sont d’autres ennemis de l’humanité que j’avais à l’idée lorsque j’écrivis ce thème…le compatis avec ceux ayant péri du temps de Hitler, mais il est non moins pénible de se rappeler ceux qui sont morts sur l’ordre de Staline… il s’agit du Leningrad que Staline a détruit et Hitler n’a fait qu’achever … Je dédie la 7e Symphonie…à mon ville…à notre prochaine victoire sur l’ennemi…». La Symphonie N°7 «Leningrad», l’œuvre le plus célèbre de Dimitri Chostakovitch (avec un succès immédiat en Europe et aux USA, utilisé souvent dans les films doc. de guerre), dédié a sa ville natal Leningrad, devenu un symbole de la résistance contre le nazisme. Problématique : résistance à travers de création artistique dans une ville assiégée. Composition de musique symphonique complexe dans les conditions d’une guerre devienne une résistance, un combat, une expression de patriotisme. Musique devienne une arme de guerre psychologique. Résister c’est aussi défendre les valeurs humanistes à travers des arts (musique).

Audition en classe : Thème d’envasions, extrait de 1e mouvement.
1e mouvement «Guerre». 1e mouvement commence avec un thème lyrique; elle change avec très lointain roulement de tambour, à peine perceptible au début. Compositeur transcrit en musique la horde ennemie (c’est une Marche) faisant irruption dans une vie paisible et heureuse (Thème d’envasions). Progressivement, suivant un principe qui s’apparente orchestralement à celui du Boléro de Ravel (ostinato de tambour, même mélodie se répète plusieurs fois), le rythme devient obstiné (roulement de tambour sans interruption, avec le même rythme de 4 temps et même tempo modéré), instrumentation plus offensive jusqu’à dominer tout l’orchestre (variation de «bonhomme relative» a une mécanique de destruction). Première thème ne plus que des retentissements sans vie (tristesse omniprésent, tonalité mineur) et sombrent dans une pétrification générale (un crescendo orchestral de début à la fin de ce thème).
2e mouvement «Souvenirs». Un Moderato lyrique et pensive. Selon le compositeur: «on ne peut
continuellement tenir l’auditoire en état de tension».
3e mouvement «Les grands espaces de ma Patrie» (Adagio)
4e mouvement «Victoire» (Allegro). Une image-sonore de Leningrad renaissant de ses cendres.

* La même ville qu’ou cours de l’histoire a changé le nom a plusieurs reprises:
Saint-Pétersbourg (1703 – 1914)
Petrograd (1914 – 1924)
Leningrad (1924 – 1991)
Saint-Pétersbourg (1991 – présent)

© Elena IVAKHNENKO (avril 2016)

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