HDA – 2015-2016 – Pingali VENKAYYA, “Tiranga”, 1947, New Delhi

HISTOIRE DES ARTS – Notices d’Histoire-Géographie

Pingali VENKAYYA, Tiranga, 1947, Manipur-New Delhi, Inde.

« La vie est dans le mouvement. »

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FICHE TECHNIQUE

VENKAYYA (Pingali), Tiranga, 1947, Manipur-New Delhi, Inde, adopté comme drapeau de l’Union Indienne (1947-1950) puis de la République de l’Inde (1950 à nos jours) par l’Assemblée constituante établie le 22 septembre 1947 et qui adopta la forme définitive de la Constitution en 1950.

DESCRIPTION

Le drapeau national de l’Inde est de forme rectangulaire de proportions 2/3. Il est constitué de trois bandes horizontales d’égales largeurs, une couleur safran en haut, une blanche au milieu et une verte en bas. Au centre de la bande médiane blanche se trouve un Chakra, de couleur bleue, et de dimensions égales aux trois quarts de la bande blanche. Inspiré des multiples variations du drapeau du Parti du Congrès dont la forme définitive (1931) devint le drapeau du Gouvernement Provisoire de l’Inde (1942), les trois couleurs ont souvent changé de significations : aucune n’a cependant de connotations religieuses. La couleur safran selon une opinion communément admise représente la renonciation aux biens matériels, la couleur blanche représente la lumière du chemin de la vérité et la couler verte représente la faune et la flore, fondements de la vie même. La « Roue d’Ashoka » (Chakra) placée au centre est un symbole du cycle de la vie et du mouvement, elle représente la nécessité du changement social et politique. Bien que les différents leaders indiens aient rappelé régulièrement l’absence de référence communautaire dans ce drapeau, et même si la Chakra d’Ashoka se retrouve sur des objets musulmans du Moyen-âge indien, comme l’abaque de Sarnath, il est évident que le drapeau indien est essentiellement constitué de symboles hindous : le Chakra bien sûr mais aussi la couleur safran, voulue par les sanskrits hindous dès le début des années de l’Entre-deux-guerres.

ANALYSE

L’Inde obtient son indépendance en 1947, promesse faite par la Grande Bretagne pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1942) en échange de l’aide indienne dans l’effort de guerre britannique. Deux partis ont milité activement pour l’indépendance, le Parti du Congrès (Congrès National Indien) présidé par Jawaharlal NEHRU (Un Hindou de la caste kashmiri des brahmanes) et dont la famille domine toujours ce parti, et la Ligue Musulmane de Muhammad Ali JINNAH (Un Chiite ismaélien gujarati), même si d’autres composantes ethno-politiques comme les Sikhs ont également grandement contribué à l’affirmation du nationalisme indien (Massacre d’Amritsar, 1919, prélude à la résistance passive). Le Raj britannique fut partionné en 1947 et donna naissance aux États de Birmanie, de Ceylan, à l’indépendance du Bhoutan et du Népal et à la tripartition des « Indes » qui donna naissance au Pakistan (Le « pays des purs »), à l’Inde et au Cachemire. Les tensions communautaires entre Musulmans et hindous avaient toujours été vives, alimentées par des rivalités économiques (Karachi contre Bombay), à des différences linguistiques (Ourdu à l’Ouest, Telugu au Sud et Hindi) et des ambitions personnelles (NEHRU et JINNAH). Les Britanniques décidèrent donc contre l’avis de GANDHI à la création d’un États à dominante musulmane (Le Pakistan) et un État à dominante hindouiste (L’Inde). La partition de 1947 entraîna des déplacements de population massifs (15 millions d’habitants quittèrent leur terre natale pour gagner l’État de leur obédience religieuse et linguistique) et des massacres importants (1 million de morts). La guerre (1947-1948) opposa immédiatement le Pakistan et l’Inde qui envahirent le Cachemire (Pays musulman mais gouverné par un Maharaja hindou), un pays aujourd’hui encore occupé et coupé en deux. Si l’Inde (1 milliard 200 millions d’habitants) est un pays à majorité hindouiste (900 millions d’Hindous), les Musulmans qui ne représentent que 14% de la population sont près de 150 millions. Ce qui fait de l’Inde un des principaux pays musulmans du Monde. Les violences entre groupes religieux sont récurrentes en ville (Massacres à Delhi et attentats de Bombay, 2008) mais surtout en zone rurale (Assam, 2012). La politique indienne est en partie animée par des nationalistes, dont ceux du BJP, parti hindouiste (1998-2004 et depuis 2014). Depuis 1947 les tensions sont très importantes entre les deux pays et les guerres ouvertes ont été nombreuses (1965, 1971 et 1999). Bien que membre des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Indonésie, Chine et Afrique du Sud, États-continents en voie d’industrialisation et marchés émergents majeurs), et le seul à connaître une forte croissance depuis la crise des subprimes (2008) et des dettes souveraines (2009), l’Inde traverse d’énormes difficultés sociales : si les conflits religieux sont latents, les déclassés comme les dalits (Intouchables), les basses castes et les tribus aborigènes (Adivasi) sont marginalisés et laissés en dehors de l’intégration de l’Inde dans la mondialisation, même si la politique des quotas a entraîné de substantielles améliorations. L’insertion dans la mondialisation et la croissance économique forte ont accentué l’augmentation des inégalités relatives. Le Shinning India (L’inde qui brille) concerne cependant essentiellement les hommes diplômés des villes. L’accès aux infrastructures sanitaires et scolaires est très inégal : à Mumbai (Bombay) la majorité de la population (Soit 7 millions d’habitants), y compris celle disposant de revenus corrects, vit dans des bidonvilles, sans discrimination de caste ou de religion. Celui de Dharavi (1 million d’habitants) est le plus connu. Les violences faites aux femmes sont nombreuses, qu’elles soient riches ou pauvres, musulmanes ou hindouistes, rurales ou urbaines : viols rituels dans les villages (Bengale, 2014), viols collectifs dans les transports en publics (New Delhi, 2012), femmes assassinées pour des questions de dots, mariage des filles mineures et des enfants, avortements sélectifs (sex ratio de 1,26 hommes pour 1 femme, Penjab contre 1,05 en France !) et « gynécide » (Maltraitance des bébés de sexe féminin, certains villages comptent 400 hommes pour 100 femmes)… en plus des discriminations classiques dans les emplois et les études. Le chemin de la vérité est donc particulièrement ardu, en Inde comme souvent dans les pays émergents.

© ALI YÉRO Souleymane, Erwan BERTHO & Ronan KOSSOU (2015)

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3.2 HISTOIRE DES ARTS Notice Drapeau de la République de l’Inde, 1947

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3.1 HISTOIRE DES ARTS Histoire-Géographie 2015-2016 Drapeau de l’Inde

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