REPÈRES CLÉS D’HISTOIRE – Définitions – Histoire, “Le terrorisme.”

REPÈRES CLÉS D’HISTOIRE

Les définitions

Le terrorisme.

Usage indiscriminé de la violence meurtrière à l’égard des civils afin de les soumettre par la terreur.

Le mot apparaît en France (1794) et désigne la politique de Terreur (1793-1794) mise en place par les Jacobins pour combattre les ennemis de la Révolution française (1789-1799, « Terroriser les terroristes »). Il faut attendre le milieu du XIXe siècle et la généralisation des mouvements révolutionnaires pour que le terme s’applique à des groupes d’opposition (1866, Irlande) menant des actions meurtrières pour faire entendre leur cause.

L’Organisation des Nations Unies (ONU, 2004) condamne le terrorisme (Assemblée générale, Comité International de la Croix Rouge CICR, et textes additionnels aux Conventions de Genève) au nom du droit de la guerre, excluant explicitement les civils, comme individus ou population, des actes de guerres.

Si les résistants ciblent des objectifs militaires, ce qui peut occasionner des pertes civiles, les terroristes ciblent spécifiquement des cibles civiles, afin de faire pression via la population sur des autorités militaires ou politiques. C’est donc bien le statut des civils (Cible pour les terroristes, victimes éventuelles lors des opérations de guerre) qui sert à identifier le terrorisme des autres formes de guerres (Guerre civiles, guerre de partisans, résistance intérieure…) On distingue l’assassinat politique du terrorisme par le fait que le tyrannicide se propose d’assassiner telle ou telle personne (Jules CÉSAR, Henri IV, J.F. KENNEDY), tandis que le terroriste se propose d’assassiner tel ou tel type de personnes (L’usager des transports publics, le fonctionnaire…).

Ces définitions paraissent satisfaisantes à première vue et opératoires pour caractériser les formes les plus flagrantes de terrorisme (Hyper-violence du Mexique, terrorisme des FARC en Colombie et des groupes paramilitaires, Daesh, Boko Haram…). Elles excluent le but recherché par les terroristes, considéré comme subjectif et donc arbitraire. Le but est toujours considéré comme moral par les terroristes et c’est cette morale qui les conduit à considérer comme seconde la vie des civils qu’ils ciblent, civils réduits ainsi à des victimes nécessaires. Les définitions se focalisent sur les modalités et les victimes, mais sous couvert d’objectivité multiplient les cas limites.

Si un terroriste est considéré comme tel parce qu’il cible systématiquement les représentants d’un État, l’ANC dans l’Afrique du Sud de l’Apartheid, les indépendantistes juifs dans le mandat de Palestine, les soldats du FLN en Algérie (1954-1962) sont des terroristes, illégitimes de fait, au moins dans les méthodes. Il existe pourtant un terrorisme d’État (Italie des « années de plomb », GAL en Espagne dans les années 1980, Colombie dans les années 1990…)

On ne peut faire l’économie du contexte, des intentions et des causes défendues. Le terrorisme est indissociable des valeurs universelles défendues par la communauté internationale. Les peuples en situation d’oppression politique (Dictatures, régimes totalitaires, régimes autoritaires), religieuses (Persécution contre les croyants ou les athées), ethniques (génocide, ethnocide), les peuples en situation coloniale de jure (Cameroun avant 1960) ou de facto (Algérie avant 1962) ou soumis à des discriminations raciales (Afrique du Sud), et qui par ailleurs sont victimes de la violence d’État, sont-ils fondés à utiliser le terrorisme pour s’émanciper ?

Répondre par l’affirmative, c’est légitimer la lutte de l’African National Congress de Nelson MANDELA, mais aussi celle des Ouïghours du Xinjiang en République Populaire de Chine (RPC), voire celle de certains groupes considérés comme terroristes en Syrie mais combattant le régime de Bachar AL-ASSAD. Ainsi le contexte ne suffit pas : les buts recherchés par les groupes combattants doivent aussi correspondre aux valeurs de la communauté internationale (Démocratie politique, liberté sociale et d’entreprendre).

La situation impose peut-être de considérer comme légitime la lutte de certains peuples contre des États dictatoriaux qui, par ailleurs, sont des piliers de la lutte antiterroriste au Proche-Orient et en Asie… Définir le terrorisme, c’est remettre ses propres valeurs et ses conceptions géopolitiques au niveau des ambitions affichées dans la Charte de l’ONU.

© Erwan BERTHO (décembre 2015)

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