FICHES DE LECTURE – FAUVELLE-AYMAR, “Le Rhinocéros d’or” (2013)

BIBLIOTHÈQUE VIRTUELLE – FICHES DE LECTURE

François-Xavier FAUVELLE-AYMAR, Le rhinocéros d’or. Histoires du Moyen Âge africain. , Paris, 2013

« L’Afrique au Moyen Âge : le temps retrouvé. »

FICHE TECHNIQUE

FAUVELLE-AYMAR (François-Xavier), Le rhinocéros d’or. Histoires du Moyen Âge africain. , 2013, Paris (France), aux éditions Alma-Éditeur (2013), ouvrage publié sous la direction de Patrick BOUCHERON, en partenariat avec le Centre National du Livre (CNL), 317 pages, ISBN 978-2-36-279045-4.

Disponible au Centre de Documentation et d’Information (CDI) du Lycée Français La Fontaine de Niamey (Réseau AEFE) sous la cote 960.2 FAU.

L’AUTEUR

François-Xavier FAUVELLE-AYMAR est Historien, spécialiste de l’histoire de l’Afrique et plus particulièrement de l’Afrique australe. Directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) il est également chercheur honoraire à la School of Geography, Archeology and Environmental Studies de l’Université Witwatersrand de Johannesburg en Afrique du Sud et chercheur associé au Centre Jacques-Berque de Rabat (Maroc). Ces dernières années il s’est particulièrement intéressé à la question des liens entre mémoire et Histoire, et à la place occupée par les enjeux de la mémoire dans les débats sociétaux contemporains.

LE LIVRE

L’ouvrage de François-Xavier Fauvelle-Aymar s’intéresse à un pan encore méconnu de l’Histoire de l’Afrique : l’histoire des presque mille ans qui séparent l’Afrique prestigieuse de l’Antiquité (L’Égypte pharaonique, l’Éthiopie des ruines monumentales d’Aksoum…) et l’Afrique combattante de la traite, des guerres coloniales et de l’affirmation tiers-mondiste du panafricanisme. Entre ces deux bornes, riches en témoignages de toutes sortes, un vide documentaire.

C’est ce vide documentaire qui donne corps et unité à ce « Moyen Âge de l’Afrique », véritable « temps retrouvé » pour qui veut bien s’y pencher, sans a priori, sans afro ni européo centrisme. Il faut, nous dit François-Xavier Fauvelle-Aymar, savoir donner du sens à l’absence.

L’ouvrage commence donc par une description du métier d’historien et de ses impératifs : partir du document aussi mince soit-il, et se contenter de ce qu’il dit, y compris en acceptant diverses possibilités d’interprétation, sans pouvoir choisir laquelle correspond au plus près de la « réalité ». François-Xavier Fauvelle-Aymar refuse l’amertume, pourtant bien compréhensible, le dépit aussi. Car les silences ou les insuffisances des documents racontent eux aussi, à leur manière, une histoire.

Ainsi de Marco Polo, dans le Devisement du monde (XIVe siècle) qui décrit Madagascar (Île à laquelle il donne son nom contemporain, alors qu’il n’y a jamais mis les pieds !). Rapidement on comprend que nous n’aurons pas d’information sur Madagascar, que le Vénitien croit peuplée d’éléphants et de girafes.

Mais dans cette erreur, où le voyageur européen a confondu Mogadiscio et Madagascar, nous comprenons que pour les marchands arabes, ses témoins, il s’agit de deux points d’escale du grand commerce de l’Océan Indien, qui relie les ports de la Chine orientale aux rivages de l’Afrique de l’Est. Une information bien plus précieuse que toutes les descriptions animalières. En un siècle le commerce arabe sur la côte swahili est descendu de 500 km vers le Sud, signe d’une intégration accrue des États africains à cette mondialisation avant la mondialisation permise par l’Islam.

L’ouvrage de François-Xavier Fauvelle-Aymar propose un itinéraire documentaire qui mène le lecteur du VIIIe siècle aux débuts du XVIe siècle, des rives du Sahel aux bords océaniques indiens du pays swahili, en allant de l’Ouest vers l’Est et du Nord vers le Sud. Une Afrique des rives, en somme. Sahel et Swahili étant tous deux formés du mot arabe qui désigne « le rivage ».

Comment l’ouvrage est-il conçu ? 34 chapitres courts (de 4 à 8 pages), abondamment illustrés d’une iconographie riche en couleurs, souvent inédite (Issue de travaux non publiés à ce jour) ou de sources anciennes revisitées (Comme le célèbre Recueil des sources arabes concernant l’Afrique occidentale du VIIIe au XVIe siècle (Bilād al-Sūdān) de Joseph CUOQ, Paris, CNRS, paru en 1975 et 1985.). À la fin de chaque chapitre une courte bibliographie commentée permet de comprendre la construction du savoir historique. Les nombreuses références anglophones donnent de la profondeur au discours, permettant de dépasser la vision européo-centrée, voire franco-centrée.

Quelle impression d’ensemble se détache de cette Afrique médiévale ? D’abord celle d’une Afrique méconnue mais dynamique et fortement ancrée dans la mondialisation des trois continents (Afrique-Asie-Europe). Les porcelaines bleues d’Iran, le céladon et la soie de Chine, les cauris des Maldives, les billes de verre rehaussées de fils d’argent du Golfe du Bengale, des monnaies de Bactriane (Afghanistan actuel) se retrouvent aussi bien à Great Zimbabwe que dans les monastères chrétiens d’Éthiopie ou les ruines des escales caravanières du Sahara occidental.

Que sait-on alors de cette Afrique médiévale ? Dans un monde médiéval aux trois parties (Afrique, Asie et Europe) l’Islam donne un cadre culturel et juridique communs aux grands courants d’échanges qui lient la Chine, l’Inde, l’Afrique et la Méditerranée. La plaque tournante financière et juridique est la Mer Rouge, dominée depuis Le Caire par les Fatimides puis les Sultans Mamelouks.

L’Égypte relie les courants commerciaux indiens (Afrique de l’Est, Chine, Inde et golfe arabo-persique) et méditerranéens (Afrique du Nord, Sahara et Sud de l’Europe). Comme la côte de Somalie (La « côte des Zanj ») sert de point de raccordement avec l’Afrique orientale, le Maroc joue ce rôle de carrefour avec le Sahara.

Ce monde aux économies interconnectées par une multitude de réseaux commerciaux (Chinois, javanais, malais, indiens, arabo-iraniens, berbères, juifs, italiens…) a faim d’or. C’est l’Afrique qui fournit cet or. De la profondeur des arrières pays, qui restent interdits aux Arabes comme aux Indiens, l’or est extrait de mines familiales disséminées sur de larges espaces. Les marchands africains noirs collectent cet or, comme le font les Wangara du Mali, ancêtres des Dioulas.

L’or africain excite les appétits et les imaginations : al-Umarî, secrétaire de la Chancellerie mamelouke du Caire (XVe siècle) relate sans sourciller « qu’au pays des Noirs l’or pousse comme des carotte » et que « la récolte se fait deux fois l’an »… L’Atlas catalan (1375) réalisé aux Baléares par Cresques ben Abraham et son fils, Yehuda, deux cartographes juifs de Majorque, représente le « Rex Melly » (Le roi du Mâli) « Mansâ Musa » régnant sur la « Guinya » et brandissant à la face du monde une énorme pépite d’or : information véridique puisque depuis le Ghana (IXe siècle) l’insigne de la royauté est une pépite d’or de 50 kg. Le pèlerinage du Sultan du Mali, Mansa Musa, en 1324, entraîna un tel afflux d’or que le cours mondial baissa de 12% ! A Mupungubwe, une sculpture de rhinocéros en bois, d’origine asiatique (car avec une seule corne), a été méticuleusement recouvert de feuilles d’or clouées, insigne de puissance et de pouvoir… Preuve que les Africains eux-aussi connaissaient la valeur de leur or.

Les royaumes africains (Great Zimbabwe, l’Empire de Ghana, l’Empire du Mali, les royaumes d’Éthiopie et d’Abyssinie) fondent leur puissance sur leur rôle d’intermédiaires. Concentrant les réseaux de marchands africains sur quelques points des bords du désert ou du littoral les souverains africains des grands empires sont des intermédiaires d’intermédiaires! Eux-mêmes savent rarement d’où provient cet or qui fait leur fortune et leur renommée…

Les diasporas assurent le financement du commerce international : les Arabes marocains et les Égyptiens étendent leurs réseaux du cœur du Sahara jusqu’aux lointaines villes de Chine, les marchands juifs d’Aragon et de Castille assurent l’entrée des produits au cœur de l’Europe, les Berbères enfin, tour à tour fondateurs d’empire ou maîtres des mafias du déserts, assurent la sécurité des caravanes de méharis qui sillonnent le Sahara du Sud vers le Nord et d’Ouest vers l’Est.

Ce monde de contacts mouvants assure à l’Afrique le sel dont ses sols et ses végétaux manquent cruellement. Les mines de sel des oasis sahariens jouent le rôle de fixateurs des comptoirs. Esclaves, or, peaux et cuirs montent vers le Maghreb et les bords de l’Océan Indien, tandis que les chevaux, les perles, les cauris, le cuivre ouvragé et les outils en fer, la soie (et plus tard les cotons tissés et teints), la porcelaine, descendent d’Europe, d’Inde, de Chine pour irriguer le continent en profondeur, par capillarité.

Il y a tellement d’intermédiaires que la plupart des acteurs ignore où va et d’où viennent les marchandises qu’ils traitent. Quand Vasco de Gama arrive sur les côtes d’Afrique orientale il demande à voir des chrétiens, on lui présente des Hindous : il est le premier chrétien à parvenir dans ces confins. Personne ne sait ce qu’est un chrétien, et cela fait pourtant des siècles que les produits du cru parvenaient en Europe.

C’est l’expansion arabe qui permet la mise en contact des trois parties du monde. Ainsi Du Huan, officier chinois capturé à la bataille des plaine du Talas en 751, sera-t-il le premier Chinois à décrire l’Afrique. Il témoigne de la fracture entre le rivage et l’intérieur montagneux des terres, mais aussi de la coexistence entre chrétiens orientaux et musulmans. Il faudra attendre le XVe siècle et les expéditions de Zheng He, la sixième de 1421-1422, pour que la pierre de Chang-Lo mentionne explicitement des régions d’Afrique. La Chine est friande alors de cet ambre marine récoltée sur les mers qui bordent l’Afrique orientale, que l’on brûle comme de l’encens, et qui est parée de vertus médicinales…

Dans le Sahara, c’est encore la conquête arabe qui relie et ranime les vieux circuits marchands assoupis lors de l’effondrement de l’Empire romain. C’est l’épopée saharienne du général Uqba ibn Nâfi, fondateur de Kairouan, qui descend vers le Sud jusqu’aux oasis du Kawâr (Niger) en demandant aux habitants « Y a-t-il encore quelqu’un au-delà de vous autres ? ». On lui répond non. Il stoppe son avancée. 2 000 km plus au Sud commence l’Afrique de l’or. Mais il fallait traverser encore la moitié du Sahara…

Aux alentours de l’an mil l’Afrique occidentale est dominée par l’Empire de Ghana : au Nord Sijilmâsa, comptoir caravanier berbère, au Sud Auwdaghust, cité du sel et des échanges commerciaux. Des traites faramineuses sont tirées entre marchands arabes et intermédiaires maures : Ibn Hawqal, persan mais littérateur arabe,  dans son Livre des pays et des royaumes (988) en cite une d’un montant de 42 000 dinars (Soit 42 000 pièces d’or ou plus d’un million de pièces d’argent !), signe de la vitalité de ces empires assis sur les échanges.

Pourtant les traces matérielles de ces États sont minces : la capitale du Ghana du IXe siècle est inconnue à ce jour, la localisation de celle du Ghana du XIe siècle fait encore débat. Ces empires nous sont cependant connus par les oulémas et marchands arabes. Dès le XIIe siècle, les élites sahéliennes sont toutes converties à l’Islam. Les royaumes africains entrent alors dans la tourmente de la géopolitique explosive du Maghreb médiéval : les invasions des Almoravides, puis des Almohades (1147), font intervenir les souverains noirs. Comme ce « roi de Zâfûn » qui entre à Marrakech pour secourir son allié almoravide.

La tolérance religieuse prévaut … d’ordinaire : les communautés juives et chrétiennes d’Orient vivent au sein d’un monde islamique qui sait préserver les croyances pour maintenir la vitalité du commerce. Au Nord du Sahara les réformateurs religieux comme Al-Maghîlî (XVe siècle) initient les pogroms à Tamentit dans le Touat algérien, port caravanier fréquenté par le jeune Antonio Malfante, de Gênes, premier chrétien à parvenir librement aussi au Sud…

C’est que les temps changent : les Portugais s’emparent de Ceuta, établissent un comptoir sur le banc d’Arguin, contournent le Sahara par les îles du Cap Vert et des Açores. Alvise Ca’Da Mosto parvient au Sénégal en 1455, Bartolomeu Diaz double le Cap de Bonne Espérance vingt ans plus tard. Le commerce caravanier va s’effondrer. Vasco de Gama arrive en Inde en 1498, en 1500 Pedro Álvarez Cabral remonte les côtes orientales de l’Afrique à la tête de 13 caravelles et 1 500 hommes. Le temps de l’Afrique médiévale s’achève, celui de la colonisation commence.

L’EXTRAIT

« Il faudra se résoudre à ne pas toujours comprendre ce que l’on voit. »

« […] En ouvrant ce livre, le lecteur entame un itinéraire à travers plusieurs siècles d’histoire africaine. Un voyageur chinois sera notre premier guide, au VIIIe siècle, un conquérant portugais le dernier, au XVe. Entre les deux, des marchands, des géographes, des diplomates ; des musulmans, des juifs, des chrétiens ; des Marco Polo et des Ibn Battutâ nous accompagnerons. Il faudra se résoudre à ne pas toujours comprendre ce que l’on voit, à ne pas toujours être certain que ce que l’on voit fut bien vu ou compris par nos guides. Car ce qu’ils décrivent et que sans eux nous n’aurions jamais vu vient le plus souvent de ce qu’ils ont entendu ou lu. Il faudra ne pas s’effaroucher des incertitudes géographiques du temps, des contradictions des informateurs, des remises en question auxquelles s’expose qui s’aventure d’un monde à l’autre. Il faudra se défaire de l’image d’une Afrique « éternelle », de l’Afrique des « tribus », de l’Afrique miroir des origines, car c’est bel et bien d’une Afrique dans l’histoire que nous allons parler.

                Huit siècles : presque un millénaire. Pourtant si méconnu. Confessons-le, notre attention se porte le plus souvent vers les civilisations africaines de l’Antiquité : l’Égypte pharaonique, la Nubie méroïtique, l’Afrique punique ou romaine, Aksoum en Éthiopie, dont les grandioses survivances architecturales ont depuis longtemps frappé l’imagination. Peut-être aussi connaissons-nous mieux, en tout cas croyons-nous mieux connaître, les siècles plus récents, lorsque le continent africain, arrimé de force à la destinée des puissances européennes, fut « découvert » puis « exploré » par ceux qui entreprenaient de s’en emparer, connut la traite des esclaves puis la colonisation, affronta enfin les violentes mutations du temps présent. Entre les deux Afrique comparativement plus familières, l’Afrique contemporaine dont les soubresauts aiguillonnent une curiosité avide, s’étire ce que l’on a appelé les « siècles obscurs » de l’Afrique.

                […] Les « siècles obscurs » de l’Afrique ne le sont qu’en vertu de la faible lumière jetée par la documentation. Mais, pour rare et incertaine que soient, en effet, les sources se rapportant à l’Afrique des « siècles obscurs », ceux-ci mériteraient sans doute bien davantage le nom de « siècle d’or ». Cliché pour cliché, ce dernier est plus juste : nos maigres sources nous disent que l’Afrique de cet âge intermédiaire a connu de puissantes et prospères formations politiques, ou mis en œuvre elle-même sa participation aux grands courants d’échanges intercontinentaux qu’empruntèrent les hommes, les marchandises, les conceptions religieuses. Elle a vu se développer des villes où des princes africains avaient leur palais, où résidaient des marchands étrangers, où s’échangeaient des produits de luxe et esclaves, où se bâtissaient mosquées ou églises. Elle a été actrice de l’exploitation de ses propres ressources, parmi lesquelles l’or tenait une place de choix. Dans le monde d’alors, elle a joui d’une renommée considérable, de l’Europe à la Chine. […] Siècles d’or, non pas obscurs, mais oubliés.

                […] De ces siècles oubliés nous ne disposons que de traces, vives mais incertaines. Même pas les pièces éparses d’un puzzle, car nous ne savons bien souvent pas de quel puzzle elles sont les pièces. Une inscription sur pierre presque effacée, […], des monuments partiellement détruits, […] seront le seul témoin conservé d’une tranche chronologique de plusieurs siècles, d’un contexte historique qui reste à peu près inaccessible. L’historien n’a souvent rien d’autre à sa disposition que des « objets trouvés », des traces orphelines. […]

                La rareté de nos sources crée une obligation, qui est sans aucun doute l’une des caractéristiques les plus fortes du métier d’historien de l’Afrique : celle de considérer chaque trace à l’égal d’un document. […] On ne saurait nier qu’il existe aussi dans ce Moyen Âge africain un moment de formidable accélération du mouvement. Il faut, pour le mesurer, changer de perspective. Si ces sociétés entrent dans notre documentation, c’est parce que, à la faveur de la soudaine mise en contact avec des mondes qui les ignoraient et qu’elles ignoraient largement, elles se sont voulu l’instrument de profondes mutations.  […] »

FAUVELLE-AYMAR (2013), pages 13 à 24. Retrouvez cette fiche sur Pack Histoire-Géographie/Bibliothèque virtuelle et sur Serveur Docs/Public/Pack Histoire-Géographie/Bibliothèque virtuelle. © Erwan BERTHO.

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